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Pour prédire la météo, les données font la pluie et le beau temps



C’est une France venteuse, frigorifiée et parfois même privée d’électricité qui s’est réveillée ce lundi. Au cours de la journée, Météo France a modifié sa liste des départements en alerte orange, ils sont 24 actuellement, du Pas-de-Calais aux Alpes-Maritimes.

Pour informer en temps réel la population des risques climatiques et de l’évolution de la situation, les spécialistes de Météo France multiplient les canaux de diffusion. Avec un site régulièrement mis à jour, une application mobile et des comptes Facebook et Twitter, difficile de passer à côté des messages de préventions.

Depuis 2015, le service météorologique et climatologique national est passé à la vitesse supérieure. Déjà très présent en ligne, il s’est converti à l’open data, une ouverture au grand public de ses données. Disposant d’une somme d’informations considérable, chaque citoyen peut les récupérer et les exploiter à sa guise. Le site Next INpact consacrait il y a deux ans un article à cette ouverture, et interrogeait pour l’occasion Sébastien Brana, vice-président de l’association InfoClimat. « Toute la communauté de passionnés de météorologie salue cette grande première, attendue de longue date », se réjouissait-il.

À chacun de s’en emparer

Avant de se convertir à l’open data, Météo-France a quelque peu tardé, d’autant qu’« en juin 2013, en signant la charte du G8 pour l’Open Data, la France s’était effectivement engagée à ouvrir ses données météorologiques ». Malgré ce retard à l’allumage, ce sont désormais trois modèles de prévisions qui sont mis à disposition.

« Ces modèles intègrent des centaines de millions de données nécessaires aux prévisions météorologiques », résumait Next INpact. « Ils se présentent comme le résultat de nombreux et vastes calculs sur l’évolution des températures, de l’humidité, de la vitesse du vent, etc. » Une avancée considérable, qui peut profiter autant au météorologue amateur qu’à des entreprises spécialisées… concurrentes de Météo France !

Un éclair s'abat sur une ville en pleine nuit.
L’open data se propage doucement dans le milieu de la météorologie. (Illustration CC BY-SA John R. Southern)

Sébastien Brana y voyait aussi à l’époque « une excellente nouvelle pour des opérateurs tels qu’EDF, les gestionnaires de barrages, la SNCF… Bref, tous les grands groupes pour lesquels la variable météo est essentielle dans leur activité économique. »Anticiper une tempête, des températures glaciales ou de fortes précipitations permettrait notamment à ces entreprises d’ajuster leur organisation et de mobiliser du personnel supplémentaire pour faire face aux avaries.

Un nouvel équilibre

Si par le passé il fallait payer pour disposer de ces données, elles sont aujourd’hui accessibles gratuitement, open data oblige. Même si pour Météo France l’opération s’avère coûteuse, l’entreprise était alors poussée par une concurrence accrue et … gratuite venue « des États-Unis », explique un représentant de Météo France qui tempérait auprès de Next : « La mise en ligne de sorties de modèles numériques représente pour nous un impact budgétaire relativement maîtrisé et en tout cas limité. » Grâce au développement de nouveaux outils, moins onéreux et permettant de réduire la charge de travail pour le personnel, il est donc possible de retomber sur ses pattes.

À l’échelle nationale, il faut noter que les pouvoirs publics mettent en place depuis plusieurs années des initiatives pour favoriser l’open data. Ce fut le cas en 2011 avec la mise en place d’un portail permettant de rassembler les données gouvernementales françaises ouvertes, le site data.gouv, mais pas seulement.

En 2014, un « Administrateur général des données » avait été nommé par le gouvernement, en la personne d’Henri Verdier. « Nos systèmes d’information regorgent de données qui sont encore sous-exploitées », confiait-il suite à sa nomination. « Elles sont utilisées en informatique de gestion, et nourrissent les systèmes de suivi statistique. Mais elles possèdent souvent un potentiel bien plus important : analyse prédictive, aide à la décision temps réel, construction de référentiel, mise en place de systèmes d’alerte, ou […] meilleure allocation des ressources, meilleur ciblage des économies, etc. »

Partisan de l’open data lorsqu’il était ministre, Emmanuel Macron devrait poursuivre les politiques déjà engagées. En matière de données publiques, l’ouverture semble plus que jamais avoir le vent en poupe.

 
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Clémence Monvoisin

Clémence is a fierce defender of public services, and a strong believer in their ability to innovate and deliver value. As firms, workers, citizens, friends, children, parents, we all are proud stakeholders. Let's be audacious and brave !

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