dsc1128

Maxime Barbier, VP Public sector de bluenove, « Les Civic Tech créent de l’empowerment citoyen »



Pilier de l’open innovation et de l’intelligence collective, bluenove est un acteur à part tant il permet aux entreprises et aux organisations publiques de se repenser.

Rencontre pour La Saga des Audacieux avec le Vice-Président Secteur Public de l’entreprise franco-canadienne, Maxime Barbier. Enthousiaste et tenace, il redonne de l’épaisseur au champ du politique en s’impliquant en faveur de la Civic Tech. A l’ESSEC en tant que Président de l’association Citizen Care, puis dans le conseil, dans l’administration ou dans sa start-up, son souci de l’impact est toujours resté. Oui il a un projet business, « mais on n’oublie pas que l’on peut avoir un impact social » explique-t-il.  

Interview.

Mathilde Aubinaud : Quel regard portez-vous sur l’audace ?

Maxime Barbier : L’inscription dans un environnement contraint, n’est pas incompatible avec l’audace. Elle prend, ainsi,  sa force et sa forme dans des environnements contraints.

« Vouloir transformer une situation, c’est la hacker de l’intérieur. »

« First learn the rules, then break them ». Comment cette sentence s’applique-t-elle au secteur public?

Elle s’applique très bien. Vouloir transformer une situation, c’est la hacker de l’intérieur. Il faut d’abord comprendre l’environnement, l’histoire, les valeurs, les codes, ce qui est acceptable. Cela nécessite un temps d’observation et de réflexion.

Il faut, de fait, appréhender rouages et rapports de force

« Chercher de la modernité sans pour autant remettre à plat son ADN et ses valeurs. »

Il y a des éléments tangibles et intangibles comme la dimension politique et les valeurs.

Jean-Paul Bailly, ancien PDG de la Poste, en expliquant la transformation de la Poste, a dit : «  j’ai pris le temps, ce qui compte c’est de se moderniser sans se renier ». Il faut chercher de la modernité sans pour autant remettre à plat son ADN et ses valeurs.

L’espace public n’est-il pas, aujourd’hui, dilué ?

Notre enjeu consiste à réinjecter des formes de délibérations et de contributions à la production de politiques publiques. Il s’agit de réintégrer des voix de délibération et d’action collectives dans la société.

Comment réhabiliter le rôle du citoyen ?

Le citoyen peut être associé s’il est informé. Il faut des dispositifs apprenants donnant aux citoyens la possibilité de s’exprimer. Tout défi des Civic Tech consiste à mettre en capacité les citoyens à formuler des choix qui soient le plus à même d’impacter des solutions politiques

Les Civic Tech sont donc un un levier et non un médiateur ?

Les Civic Tech ont la capacité de créer de l’empowerment citoyen et pas uniquement de la participation. Il s’agit de contribuer à bon niveau.

« On s’inscrit dans une logique de co-conception. »

Cela change l’approche des citoyens qui sont convoqués à certains moments.

Avec Franck Escoubès, Co-Président et fondateur de bluenove, on considère qu’un droit d’expression doit un devoir citoyen. L’émetteur a des devoirs : la transparence, l’explication des choix faits, l’information dans la durée. C’est s’interroger : comment se sent-on concerné dans la réussite et la mise en œuvre des projets ? C’est éviter de faire peser la charge sur les responsables politiques. On s’inscrit dans une logique de co-conception.

Prenons l’exemple des budgets participatifs qui commencent à éclore dans plusieurs villes. Cela ne devrait pas être uniquement un vote mais aussi un soutien ou une action de principe. On peut faire partie d’un comité citoyen ou bien mener une réalisation concrète. On ira loin grâce aux technologies.

« On est peut-être à l’aube d’un changement de paradigme. »

Est- ce un changement de l’imaginaire pour les citoyens?

Il faut rendre la tech accessible au plus grand nombre et créer de l’engagement dans la durée. Cela nécessite d’apporter une réponse à ceux qui n’ont pas l’usage des outils numériques.

La révolution qui arrive est  aussi forte que lorsque l’on a accordé le droit de femmes aux femmes. L’intégration des démocraties digitales de plus en plus natives est  de nature à changer notre rapport à la démocratie et à la fabrique de la loi. On est peut-être à l’aube d’un changement de paradigme. Il faut que certains acteurs politiques montrent la voie.

C’est aussi s’autoriser à investir chose publique ?

Il s’agit de passer d’une expression publique ponctuelle à une vraie ritualisation de l’expression citoyenne.

« Réinjecter plus de démocratie et casser le carcan des entreprises. »

Votre  prochain combat?

Réinjecter plus de démocratie et casser le carcan des entreprises. Aborder des missions d’entreprise en s’interrogeant. Comment intégrer impact sociétal ?  Comment associer citoyens et usagers ?
Click here to read the full article

The following two tabs change content below.

Clémence Monvoisin

Clémence is a fierce defender of public services, and a strong believer in their ability to innovate and deliver value. As firms, workers, citizens, friends, children, parents, we all are proud stakeholders. Let's be audacious and brave !

Leave a Reply